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Le

suivi médical

 

EVOLUTION
DE LA MALADIE


En l’absence de traitement, les différentes manifestations peuvent s’aggraver, en particulier l’atteinte rénale et l’obésité. L’obésité, qui résiste au régime et aux mesures habituelles, peut se compliquer de diabète et d’excès de lipides dans le sang (hyperlipidémie), de problèmes cardiaques et articulaires. De plus, l’anomalie de la rétine conduit à une diminution sévère de la vision, voire à une cécité entre 15 ans et 30 ans. En effet, le champ de vision se réduit progressivement et la vision centrale peut parfois finir par être réduite. La mise en place d’une prise en charge précoce permet de limiter l’aggravation des symptômes.

 

LES EXAMENS A METTRE EN PLACE

Quand le diagnostic est évoqué, la recherche de tous les signes habituellement observés dans le syndrome de Bardet-Biedl est entreprise afin d’instaurer une prise en charge adaptée à chaque malade. Comme il n’existe aucun traitement permettant de guérir le syndrome de Bardet-Biedl. La prise en charge est symptomatique. Afin d’éviter les complications, il est important de prendre en charge le plus tôt possible les différentes manifestations de la maladie.

POUR LES TROUBLES VISUELS

En premier lieu, un examen ophtalmologique complet est effectué pour rechercher la présence d’une rétinopathie pigmentaire. La rétinopathie pigmentaire peut être détectée par un examen du fond d’oeil qui s’effectue en dilatant la pupille avec un collyre, à l’aide d’une lampe spéciale appelée ophtalmoscope.


L’électrorétinogramme (ERG) est l’autre examen permettant de diagnostiquer une rétinopathie. Il permet d’enregistrer la réponse électrique de la rétine à la stimulation lumineuse. Réalisable à tout âge, l’ERG comporte deux phases : une première phase à l’obscurité et une deuxième à la lumière. L’enregistrement de la réponse de la rétine se fait à l’aide d’électrodes situées sur les paupières ou ayant la forme de grosses lentilles oculaires. Cet examen peut paraître impressionnant mais est généralement indolore.


La mesure du champ de vision peut également être effectuée, mais seulement après l’âge de 7 ans environ car elle nécessite une coopération active du malade.


L’examen ophtalmologique évalue également l’acuité visuelle et vérifie que le malade ne présente pas de myopie (mauvaise vision de loin), d’hypermétropie (mauvaise vision de près), d’astigmatisme (vision déformée), ni de cataracte (opacification du cristallin) associés.

Les atteintes oculaires n’ont malheureusement pas de traitement, mais leur prise en charge par des spécialistes en orthoptie (rééducation, réadaptation) est recommandée. Diverses aides « basse vision » peuvent être proposées lorsque la vision centrale est impactée, par exemple des lunettes grossissantes, des loupes, des livres ou revues à gros caractères, des cadrans de téléphone et calculatrices à gros caractères, des montres parlantes, etc.

POUR LES ANOMALIES
DES ORTEILS ET DES DOIGTS

Les doigts surnuméraires peuvent être retirés par chirurgie, tout comme les doigts accolés qui sont facilement séparables.

 

L'intervention pour la polydactylie ou la brachydactylie est nécessaire afin de prévenir les complications fonctionnelles et la difficulté à se chausser voire à se déplacer.

POUR L'OBESITÉ

La prise en charge de l’obésité repose sur plusieurs stratégies, comprenant une prise en charge diététique et la pratique d’activité physique régulière sous surveillance médicale.

 

Une prise en charge psycho-comportementale doit être discutée en fonction de la présence de troubles du comportement alimentaire et de la situation psychologique. S’il existe des troubles du comportement alimentaire, un encadrement alimentaire doit être instauré. L’éducation diététique doit être débutée dès la petite enfance.

 

Une prise en charge dans un réseau d’éducation thérapeutique de l’obésité de proximité est recommandée (Réseau de Prévention et de Prise en charge de l'Obésité Pédiatrique (RePPOP), ou Centres Spécialisés Obésité (CSO) chez les enfants et chez les adultes en tenant compte du handicap visuel.

 

Plus d'informations ici :

POUR LA MALFORMATION
DES REINS ET DES VOIES URINAIRES

Lorsque l’atteinte rénale est trop importante, une filtration artificielle peut être nécessaire, on parle de dialyse. Dans certains cas, la transplantation est inévitable.

pour les troubles
psychologiques et comportementaux

Une prise en charge psychologique peut être utile dans un premier temps pour dépister d’éventuels troubles du comportement, ou réaliser une prise en charge en fonction de la symptomatologie présentée (troubles anxieux, troubles de l’humeur, dépression, éventuels comportements obsessionnels-compulsifs et manifestations psychosomatiques). Elle pourra aussi aider à la prise en charge de l’obésité.

 

Elle pourra ensuite permettre au patient plus âgé d’apprendre à vivre avec une maladie progressive et chronique pouvant aboutir à des handicaps sévères et d’optimiser l’insertion socioprofessionnelle.

 

L’orthophonie précoce est orientée sur le retard d’acquisition du langage, les troubles de phonation, les troubles de construction des phrases. Celle-ci doit être débutée aux premiers signes de retard ou troubles du langage.

Une prise en charge en psychomotricité doit être envisagée face à de l’incoordination et de la lenteur de réalisation motrice.

POUR LES ANOMALIE
DES ORGANES GENITAUX

En cas d’anomalie de développement des organes génitaux, certains adolescents peuvent présenter un retard de puberté important et nécessiter un traitement hormonal.

 

Les malformations des organes génitaux féminins sont corrigées par chirurgie.

regulierement

Analyses de sang et d’urine


Des analyses de sang et d’urine sont réalisées régulièrement (en général une fois par an), pour s’assurer qu’il n’y a pas de diabète, d’anomalie rénale, d’excès de lipides dans le sang, etc...


A l’adolescence, les analyses de sang peuvent détecter un manque de sécrétion des hormones sexuelles (testostérone ou oestrogènes) dû au développement insuffisant des organes sexuels.


Imagerie médicale


Les malformations rénales ou gynécologiques peuvent être visualisées par échographie ou scanner. L’échographie cardiaque (échocardiographie) permet de rechercher d’éventuelles malformations cardiaques.
 

Une fois le premier bilan réalisé, le suivi médical sera établi en fonction des atteintes observées. De façon générale, tout au long de la vie, il sera nécessaire de contrôler au moins une fois par an la tension, le fonctionnement des reins, les taux d’hormones et de rechercher les premiers signes du diabète. Ces contrôles seront plus fréquents dans la petite enfance ou en cas de problème avéré.

 

PEUT ON CONFONDRE CETTE 
MALADIE AVEC UNE AUTRE ?


Oui, le syndrome de Bardet-Biedl peut être confondu
avec d’autres syndromes ayant des manifestations similaires.

Le syndrome de Laurence-Moon, longtemps confondu avec le syndrome de Bardet-Biedl, se manifeste entre autres par des troubles neurologiques (troubles de l’équilibre, ou manque de coordination et/ou paralysie des jambes) avec une petite taille mais sans anomalies des doigts (polydactylie). Les gènes responsables sont probablement différents de ceux qui sont à l’origine du syndrome de Bardet-Biedl.


Le syndrome d’Alström se caractérise par des anomalies de la rétine, une obésité, une surdité progressive, des anomalies rénales, un diabète et un mauvais développement des organes sexuels (hypogonadisme) chez les garçons. Certaines de ces atteintes coïncident ainsi avec le syndrome de Bardet-Biedl. Cependant, il n’y a pas de polydactylie ni de difficultés d’apprentissage. Le gène responsable du syndrome d’Alström a été identifié et il est différent de ceux impliqués dans le syndrome de Bardet-Biedl.


Le syndrome de Cohen associe une rétinopathie à une myopie, une obésité, des anomalies dentaires spécifiques et un retard des acquisitions. Le gène en cause est également identifié et est différent de ceux impliqués dans le syndrome de Bardet-Biedl.


Enfin, le syndrome de McKusick-Kaufman se traduit par des anomalies génitales, des doigts surnuméraires et des malformations cardiaques. Il ne comporte toutefois pas de rétinopathie pigmentaire, ce qui permet de le distinguer du syndrome de Bardet-Biedl.

C'EST QUOI ?

 

C'est le document de référence contenant des recommandations sur la prise en charge et le parcours de soins d’un patient atteint d’une maladie rare rédigé par les experts des centres de référence.

POUR QUI ?

 

Les professionnels de santé tels que les médecins généralistes, médecins spécialistes, médecins de la Sécurité Sociale, etc. Le PNDS doit servir de référence au médecin traitant en concertation avec le médecin spécialiste.

QUI LE REDIGE ?

 

Les experts médicaux des Centres de Référence Maladies Rares (CRMR). Dans le cas du syndrome de BARDET-BIEDL, le centre de référence s'appelle LE CARGO, le centre coordonnateur est situé à Strasbourg.

KESAKO ?

La synthèse destinée au médecin traitant, l'intro-duction qui comporte des informations générales sur la maladie, la description des différentes étapes de la prise en charge, les professionnels impliqués.

 

LE P.N.D.S
(protocole national de diagnostic et de soins)

LE GUIDE COMPLET (maj mars 2019)

LA SYNTHESE pour le médecin

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